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Le Trièves est un
territoire rural reconnu dans
les Alpes comme un des mieux préservés en matière d’environnement
et de paysages. Les deux tiers sont recouverts de terres
agricoles ou de forêts et 15% de l’agriculture est biologique.
La qualité de vie dans
le Trièves est aussi reconnue au regard de la richesse de son patrimoine
et des activités culturelles proposées. Ces activités reposent sur un
milieu associatif actif et
bénéficiant d’un nombre important de bénévoles.
La
proximité avec l’agglomération grenobloise dynamise ce
territoire et a permis d’arrêter l’exode rural des années soixante dix.
Cette attractivité engendre cependant des mutations économiques et
urbaines qui se traduisent par une forte pression foncière, une
progression de la demande d’emplois et des besoins en matière de
services (garde d’enfants...), etc. Le Trièves doit également faire face
aux évolutions générales de la société comme le vieillissement de la
population.
La mise en œuvre d’un
mode de développement harmonieux, qui sache tirer profit de nouveau
souffle démographique, s’avère donc nécessaire afin d’éviter l’écueil
d’une transformation en un simple territoire-dortoir.
Les élus du territoire
ont commencé à anticiper ce phénomène en élaborant un
schéma directeur en 2001
permettant de limiter l’urbanisation en protégeant, de manière
réglementaire, les zones agricoles stratégiques et les espaces naturels.
La concertation durant
l’élaboration du schéma directeur a en effet largement conforté la
volonté des habitants et des élus à garder la spécificité rurale
de ce territoire.
L’aspect réglementaire
n’étant pas suffisant, les élus ont souhaité continuer le travail de
réflexion amorcé en 2001 pour déboucher sur un véritable projet de
territoire.
Les spécificités
rurales, environnementales, économiques et sociales du Trièves ont donc
naturellement orienté les élus du Syndicat d’Aménagement du Trièves
(SAT) vers un projet de territoire répondant aux critères de
développement durable.
Une autre spécificité du
Trièves est sa structuration
administrative qui se compose de 29 communes, 3 communautés
de communes, 1 syndicat mixte d’aménagement et de divers syndicats à
vocation unique (pour les écoles, l’eau, etc.) Cette organisation révèle
une certaine expérience en matière d’intercommunalité. Il n’en demeure
pas moins que ce territoire, certes de 645 km², ne se compose que de
8500 habitants. Les habitants ont vraisemblablement de plus en plus de
mal à se retrouver dans ce mille-feuille institutionnel auquel il faut
ajouter les échelons départementaux, régionaux et divers autres
groupements de territoires.
Ainsi, parallèlement à
la définition d’un projet de développement durable à l’échelle du
Trièves qui fait l’objet de ce document, les élus réfléchissent aux
possibilités de fusion des deux
communautés de communes de Monestier de Clermont et de Clelles et du SAT;
les élus de la communauté de communes de Mens ont décidé de ne pas
participer à cette réflexion. L’objectif de ce travail est d’étudier les
conséquences d’une telle fusion sur la gestion des services offerts aux
habitants, sur les finances publiques, etc., et ce dans un souci
d’efficacité et de solidarité.
1.1 Le développement durable : qu’est-ce
que c’est ?
Plusieurs constats :
§
Nos modes de développement actuels laissent de
côté un grand nombre de la population :
·
20 % seulement de la population mondiale consomme
80% des richesses produites par an.
·
Au moins 2,8 milliards de personnes dans le monde
vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 2001 (2$/jour). Au moins 4,5
millions de français vivraient avec moins de 579 €/mois dont 1 million
d’enfants en 2003. Seuil en dessous duquel l’accès aux droits sociaux
fondamentaux (soins médicaux, logements...) ne sont plus assurés
(source INSEE).
§
Nos modes de production, de consommation et
d’occupation de l’espace dégradent l’environnement et nos conditions de
vie :
·
Réchauffement et dérèglements climatiques
(inondation, cyclones à répétition...)
·
Pollution de l’air : induit de graves problèmes
de santé et un réchauffement climatique.
·
Disparition de la biodiversité : 24% des espèces
de mammifères et 12% de celles des oiseaux sont menacées.
·
Epuisement des ressources énergétiques (pétrole,
gaz, charbon, uranium...)
·
Accès à l’eau potable inégal et de plus en plus
rare.
·
80% des déchets mondiaux non traités
·
Etc.
Les
conséquences directes se font déjà sentir sur le prix des énergies, la
baisse générale de notre pouvoir d’achat, les problèmes de santé liés à
la pollution, les restrictions de consommation d’eau... il est donc
urgent d’agir pour nous et les générations suivantes.
C’est
pourtant dès 1987, lors de la Commission mondiale de l’environnement,
que les fondements du développement durable sont définis dans le rapport
Brundtland. Mais ce n’est qu’en 1992, lors de la Conférence des Nations
Unies de Rio de Janeiro que cette notion est consacrée
internationalement. 27 principes ont été retenus définissant le
développement durable.
La
définition « officielle » :
«
Le développement durable
est le développement qui satisfait les besoins de la génération
actuelle, sans priver les générations futures de la possibilité de
satisfaire leurs propres besoins »

C’est la
conciliation de 3 objectifs :
1.
Respecter l’environnement en
intégrant dans tous nos projets la protection de la biodiversité et des
ressources naturelles.
2.
Garantir l’équité sociale par
l’accès de tous aux besoins essentiels comme l’emploi, l’éducation, les
soins médicaux, le logement, mais aussi les droits et les libertés de la
personne.
3.
Améliorer l’efficacité économique
en produisant les biens et les services nécessaires tout en respectant
les deux objectifs ci-dessus, d’où une responsabilisation des
entrepreneurs, des individus et des gouvernements.
C’est la recherche, spécifique à chaque territoire, d’un équilibre entre
ces trois objectifs. Elle doit reposer sur un système de concertation
avec les habitants de manière à ce que le projet soit effectivement
partagé.
1.2 Quelques exemples d’actions existantes
de développement durable dans le Trièves :
§
Le lotissement Pré Tarachou à Miribel Lanchâtre
regroupant des logements sociaux, maisons individuelles et entreprises,
alimentés par un système de chaufferie à bois.
§
Le tri des déchets dans chaque communauté de
communes (emballages, fermentescibles, déchetterie, verre...)
§
Le regroupement de la commande de papier entre
certaines collectivités locales pour diminuer les déplacements, etc.
Sensibilisation - information - conseil :
§
L’organisation de permanences de l’association
Ageden[1],
via le SAT, qui conseille les habitants en matière d’énergies
renouvelables.
§
L’éducation à l’environnement auprès des
scolaires par le CPIE[2]
du Vercors, etc.
1.3 Que
signifie Agenda 21 ? :
En
latin, « Agenda » se traduit par « ce qu’il faut faire ». Il
s’agit donc des actions à mener tout au long du 21ème
siècle, pour réaliser les objectifs du développement durable.
L’utilisation du terme Agenda 21 provient de la conférence de Rio au
cours de laquelle, en 1992, 173 pays ont adopté un plan d’action global,
l’Agenda 21, qu’il sera nécessaire de décliner à l’échelle nationale et
territoriale, comme celle du Trièves.
1.4 Qu’est-ce que l’Agenda 21 du Trièves ?
C’est
un document dans lequel sont définis une politique de développement
durable spécifique au Trièves et les moyens pour y parvenir. Cette
politique a été conçue en concertation avec les habitants, les
techniciens des collectivités locales intercommunales et les élus. Elle
se traduit concrètement par un choix d’objectifs à court, moyen ou long
termes à atteindre dans de nombreux domaines (emplois, logement,
agriculture, écologie...), et ce grâce à la mise en œuvre d’un
programme d’actions précis.
Dès
le début de la démarche de concertation, les élus ont exprimé leur
souhait d’aboutir à un programme d’actions composé d’une quarantaine
d’actions au maximum afin de garantir au mieux les chances de
réalisation.
Il
n’a pas un caractère définitif et repose sur un processus
d’amélioration continue. L’objectif est de l’alimenter au gré des
différentes évaluations, qui seront effectuées en concertation avec les
participants et en fonction des nouvelles propositions des élus,
techniciens et habitants tout au long de sa mise en œuvre. |