| L’agenda 21 du Trièves a obtenu le 9 février la
reconnaissance officielle de l’Etat au titre de la stratégie nationale
de développement durable. Seuls 31 autres agendas 21 sont actuellement
reconnus par le ministère. Cette distinction a été attribuée à l’issue
d’une double expertise que nous publions ci-dessous dans son
intégralité.
délégation au développement durable
RECONNAISSANCE DES AGENDAS 21 - PREMIERE SESSION
Février 2007
Commentaires et recommandations issues des
expertises
Projet n° 06-01-036
AGENDA 21 DU TRIEVES
Finalités :
Le projet répond globalement aux cinq finalités du cadre de
référence. Concernant les champs couvert par le plan d’action, on
remarque néanmoins l'absence d'actions dans les domaines de la sécurité,
de la culture et de l'accès à la connaissance. Le plan d’action contient
un grand nombre d’actions portant sur les modes de production
responsables, notamment sur le logement.
Démarche :
La participation des acteurs est un point fort de la démarche :
toutes les étapes de l’élaboration de l’Agenda 21 ont été préparées et
validées par les acteurs du territoire (forums, ateliers). La
participation est organisée suivant des règles précises et partagées,
puisqu’une charte de la participation précise le rôle de chacun -
habitants, élus, techniciens, associations.
La mobilisation des acteurs locaux, privés et publics, est de ce fait
très forte et se concrétise à la fois dans les méthodes de travail et
dans le portage des actions.
La transversalité s’exprime particulièrement bien dans le diagnostic
du territoire et l’expression des enjeux, et de manière générale dans
les méthodes de travail. Rien n’est dit cependant sur les relations du
syndicat d’aménagement avec le parc naturel régional du Vercors, et les
éléments cartographiques fournis ne permettent pas de mesurer le degré
d’emboîtement des deux territoires.
Le portage technique et politique, le suivi et l’animation semblent
particulièrement solides ; des « actions vitrines », définies sur la
base des propositions des habitants, ont été choisies pour être mises
en œuvres rapidement afin d’illustrer concrètement l'Agenda 21.
La faible contribution du projet aux éléments de démarche
"amélioration continue" et "évaluation" est reconnue par le porteur de
projet et indiquée dans son dossier de candidature. Les méthodes ne sont
pas encore élaborées, mais il y a peu de doute qu'elle le seront
rapidement. Les partenaires sont identifiés et les participants à la
concertation seront à nouveau sollicités pour cette nouvelle étape du
projet.
Points forts :
Le projet a été jugé remarquable par les experts en charge de son
évaluation, en termes de méthode (diagnostic, participation,
transversalité, pilotage - réflexion sur la fusion de deux communautés
de communes et du syndicat d’aménagement du Trièves) comme en termes
d'actions (éco-construction, centrale de mobilité et guichet unique en
matière de transports, filière bois avec recherche de labellisation,
intégration des critères de développement durable dans la commande
publique...).
Le Trièves semble être mobilisé pour conduire son développement de
manière soutenable, et conscient de la nécessité d'une ouverture
constructive à l'extérieur.
Recommandations :
Le projet manquant encore de maturité en termes d’évaluation, les
porteurs de projet devraient aujourd’hui réfléchir à une méthode et des
outils pour une stratégie d'amélioration continue.
Afin d’améliorer le projet en termes de solidarité, de coopération
territoriale, et de développement partagé, une attention particulière
devrait être portée à l'articulation de la démarche du Trièves avec
celle de la communauté d’agglomération de Grenoble (une seule action est
pour le moment prévue à ce sujet).
Si les méthodes de participation sont solides et ont fait leurs
preuves dans la première phase du projet, il faudra toutefois imaginer
des moyens de maintenir la participation de tous dans la durée.
Le Trièves bénéficie d'une mobilisation et d'un pilotage forts autour
de son Agenda 21. Les relations restent néanmoins à construire avec
d'une part l'agglomération grenobloise dans une logique d'articulation
et de développement partagé, et d'autre part l'ensemble des communes du
territoire, pour s'assurer d'une mobilisation dans la durée. |