Un peu d'histoire
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1) Période préhistoire :
Il semble qu'à cause de sa situation géographiquement enclavée, le Trièves ait connu une implantation humaine tardive (environ 8500 ans avant maintenant). Puis le Vème millénaire avant JC voit l'implantation d'agriculteurs – éleveurs (Sinard). Enfin, à partir de l'âge du bronze jusqu'à l'époque gauloise, on voit l'émergence du peuple des Tricorii. On peut voir au 1er étage du Musée du Trièves quelques échantillons de matériel lithique (pierre éclatées puis taillées) trouvés au Pas de l'Aiguille et au Col de la Croix, ainsi que des outils et des bijoux en bronze trouvés à Sinard et St Michel les Portes, *** de l'âge du Fer. 2) Période gallo-romaine : Dès 121 av. JC, toute notre région fut placée sous le contrôle des légions romaines. Il paraît certain qu'une voie romaine a traversé le Trièves, ce qui pourrait justifier l'origine de ce nom (carrefour routier de trois voies) alors que Mens viendrait vraisemblablement de "mansio", nom romain désignant une étape routière. Aucun vestige de cette époque n'existe à Mens, mais à St Baudille et Pipet, Clelles et à Roissard ont été trouvées des céramiques (Musée du Trièves). Les carrières romaines de la Cléry qui s'étendent sur plus de 600m dans la partie sud du Vercors entre la Batie de Gresse et le Mt Aiguille attestent une activité importante (photo au Musée du Trièves). Enfin le trésor des monnaies de Pellafol, découvert en 1922, frappées à l'époque de Constantin Ier atteste la présence de romains dans le Trièves. 3) Le Haut Moyen-Age : L'étude en est, pour le moment , très problématique : les seules données précises sont fournies par le site de la Grande Côte à Roissard où l'étude de l'habitat et de la nécropole ont pu fournir quelques indications intéressantes. 4) Le Moyen-Age : C'est autour du XIème siècle que l'on fixe habituellement la mise en place, le développement et l'organisation structurée du peuplement en Trièves, bien que les sources écrites (cartulaires essentiellement) soient assez rares. C'est surtout à partir du XIVème siècle qu'elles deviennent abondantes. Parallèlement , le bâti religieux, castral et villageois devient aussi une source d'information. En effet, le Trièves compte alors une vingtaine de Châteaux et plus de quarante paroisses (donc d'églises). Si la plupart des châteaux et des fortifications ont disparu, des mottes castrales subsistent, plus ou moins nettement (Puy Bozon, le Chatelard, Morges). Le bourg castral de Mens – bien que ses fortifications aient été détruites – garde néanmoins dans son aspect actuel, la structure typique circulaire de l'époque médiévale. La population du Trièves pratiquait essentiellement l'agriculture et l'élevage. Mens en était le centre économique le plus important avec ses foires et ses marchés, il était un carrefour de voies de communication et d'échanges entre Diois, Gapençais, Baronnies et Grésivaudan. Libertés et franchises ont été confirmés de la part des Dauphins, moyennant des sommes importantes payées par la communauté. Le Four et le moulin sont gérés par les consuls. Pauvres et malades sont accueillis par la Maison de l'aumône et pélerins et voyageurs reçus par les Templiers. 5) Période moderne et contemporaine : Le fait religieux domine nettement l'histoire du Trièves à partir de l'époque moderne, depuis l'introduction du calvinisme au XVIème siècle. Le culte protestant s'est développé précocement en Trièves, notamment parmi la noblesse locale. Les guerres de religion y ont été vives ; Mens, quartier général de LESDIGUIERES de 1572 à 1588, communauté rebelle au roi de France, faisait alors figure de symbole. Après la révocation de l'Edit de Nantes, abjuration sincères ou non, exils et conversions forcés marquent profondément la région, entretenant longtemps une certaine méfiance du pouvoir central. La religion huguenote y reste alors vivace : au XIXème siècle, 90% des protestants sont Trièvois. Mais le culte catholique, jusque vers les années 1950, est animé d'une particulière ferveur dans certains villages. A la révolution, le pays du Trièves a été divisé en trois cantons autour des principaux bourg : Mens, Clelles et Monestier de Clermont. La géographie du Trièves a longtemps contribué a entretenir un certain isolement de la région (voies de communication peu nombreuses et de faible capacité). Le désenclavement s'est annoncé au XIXème siècle et s'est poursuivi avec l'ouverture de routes correctes permettant la liaison Mens-Clelles, Monestier-Clelles et La Mure-Mens, ainsi que les ponts franchissant le Drac et L'Ebron. En 1878 seulement s'ouvrait la ligne de chemin de fer Grenoble-Marseille. Le désenclavement aura bien sur, comme conséquence, une forte émigration masculine (40% à 50% entre 1851 et 1936). A noter que l'alphabétisation a été plutôt plus précoce dans le Trièves que dans le reste de l'Isère. Mens a vu naître et se développer l'Ecole normale protestante, dite "Ecole Modèle" à partir de 1834, dont le rayonnement a été considérable car les élèves venaient de 36 départements et allaient ensuite enseigner loin de la région alpine. Enfin, plus près de nous, il ne faut pas oublier de signaler, pendant la deuxième guerre mondiale, la présence de deux maquis : - Celui de Mens qui a connu la tragédie du Pas de l'aiguille. - Celui de Tréminis, constitué par un certain nombre d'étudiants de la Faculté de théologie protestante. La montagne-refuge du Trièves a servi une fois encore de résistance à l'oppression. Conclusion: "Parler du patrimoine, c'est aller à la rencontre de l'histoire d'un lieu et de ceux qui y ont vécu, par l'observation des traces au fil du Temps, non pas dans une perspective passéiste figée, mais dans une dimension dynamique, de richesse et d'héritage qu'il faut savoir conserver, comprendre, mais aussi faire vivre. Là est tout l'exercice". (Serge GROS, post-face de "Patrimoine en Isère, le Trièves") Le Patrimoine du Trièves se décline dans ses paysages, dans ses constructions - châteaux, églises, fermes et maisons – et dans les activités de ses habitants. Les Offices de Tourisme des 3 cantons, le Musée du Trièves vous proposent une documentation abondante et variée pour vous permettre de découvrir et d'apprécier notre pays.
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